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mercredi 3 octobre 2007

L'archéologie sous marine en méditerannée


La planète Terre est au trois quart recouverte par les eaux. Ces eaux n’ont pas constituées de barrières aux échanges entre les civilisations, au contraire.
Notre objet d’étude concerne l’archéologie sous-marine en Méditerranée : n’a-t-elle pas reliée l’Afrique, l’Europe, l’Asie ? Ce carrefour regorge de souvenirs culturels et historiques. Comme l’a écrit Salomon REINACH, la Méditerranée est devenue « le plus riche musée du monde ».
Qu’est-ce que l’archéologie sous-marine en Méditerranée ?
Nous tenterons de répondre à cette question en, tout d’abord, étudiant l’historique de l‘archéologie sous-marine et les évolutions techniques depuis l‘antiquité. Dans une deuxième partie nous nous intéresserons aux différentes techniques utilisées et, enfin nous aborderons l’exemple d’une fouille archéologique en Méditerranée au large de Tunis : à Mahdia.

Tout au long des siècles l’eau reste un sujet d’évolution perpétuelle. Quels sont ces moyens d’évoluer dans l’archéologie sous-marine et dans quel but ? Nous allons commencer par étudier l’époque antique. Ils plongeaient nus avec pour seule réserve d’air celle de leurs poumons. D’après les récits d’Aristote, les plongeurs d’éponges introduisaient dans leur bouche une éponge imbibée d’huile d’olive qui renfermait dans les alvéoles une petite quantité d’air. Cette hypothèse reste discutable quant aux deux autres, elles sont plausibles. En effet, la seconde hypothèse insiste sur le fait que l’huile qui s’échappait de la bouche et des oreilles, remontait à la surface ce qui permettait une meilleure pénétration des rayons du soleil jusqu’à l’homme. La dernière hypothèse repose sur la médecine empirique. A l’époque comme aujourd’hui, la plongée suscite des infections des sinus et des canaux auditifs : l’huile d’olive considérée comme thérapeutique permettait donc de réduire ces infections. Avec ces moyens un plongeur ne pouvait rester plus de trois minutes immergés alors que le rêve de tous plongeurs est de rester le plus longtemps possible d’où l’utilisation d’autres techniques. Ces moyens sont : le tuyau, l’outre de mer, les « chaudrons » (décrits par Aristote) remplis d’air. En ce qui concerne les motivations des plongeurs de l’époque antique, la première semblait être la curiosité ; prenons l’exemple de la cloche d’Alexandre en 325 avant J.-C. Cette légende a longtemps fait le tour de la Méditerranée. Elle raconte qu’Alexandre, sur le chemin du retour de son expédition en Inde, serait descendu une dizaine de mètre sous l’eau, sur les rives du golfe persique, enfermé dans un tonneau en verre suspendu à un câble.
D’autres motivations ont un rapport certain à la guerre. En effet, « les urinatores » par exemple, correspondaient à un corps de combattants d’élite. Ils avaient pour objectif de couper les cordages d’ancre des navires, percer leurs coques et d’attaquer les bâtiments ennemis en situation favorable. Nous pouvons également prendre l’exemple de la légende de Scyllias et sa fille Cyana. Lors des guerres Médiques, en 480 avant J.-C, la flotte du roi de Perse (Xerxès) avaient été forcées de mouiller à cause d’une violente tempête. Scylla et sa fille Cyana, enrôlés de force dans l’armée Perse, se jetèrent à la mer et détachèrent les ancres des navires de Xerxès. Père et fille contribuèrent à la défaite des Perse. La troisième motivation des « plongeurs de l’antiquité » est purement et simplement économique : les plongeurs ramenaient à la surface les cargaisons précieuses contenues dans les épaves. En effet, de nombreux bateaux coulaient suite aux affrontements ou tout simplement des bateaux de commerce excessivement chargés se retrouvaient rapidement en difficulté face à un vent contraire (principalement en Méditerranée). L’activité des plongeurs dans la récupération des cargaisons étaient devenue courante si bien qu’un texte a été promulgué au IIIème siècle avant J.-C sous le nom de loi de Rhodes (le plongeur gardait une partie du butin remonté). La dernière motivation est alimentaire. En revanche, cette motivation était moins affirmée en Méditerranée que dans les pays d’Extrême-Orient, le Japon, la Chine, la Corée. En Méditerranée, les « urinatores » plongeaient à la recherche de nacres qu’ils mangeaient une fois remontés à la surface. La pêche restait une quête des joyaux de la mer tels que le corail rouge, les surplombs rocheux pour réaliser des statues, les conques, la cueillette des éponges (la pêche la plus répandue) et enfin les perles.

Les innovations techniques du Moyen Age débutent avec le plongeur arabe le plus célèbre de son époque, Issa, qui aurait inventé une machine à respirer sous l’eau. En plus de cet appareil, certains textes décrivent une ceinture lestée de pierre sans doute pour compenser un excès de flottabilité. C’est en l’an 1331, que nous observons la première apparition des lunettes pour voir sous l’eau (enlevant un handicap considérable).
L’évolution de la plongée sous-marine a surtout été fondamentale durant la Renaissance avec le plus connu des inventeurs de la fin du XV ème siècle : Léonard de Vinci. En 1500, il fait connaître ces dernières idées en matière de plongée dans le Codex Atlanticus. Dans cette œuvre on y trouve des idées et des dessins de vêtements et de cagoules de cuir avec des lunettes incorporées, de bottes en cuir, d’outres et vessies de porc qui servaient de réserve d’air ou de flotteurs. Nous y observons un casque de plongée hérissé de pointes métalliques ce qui permettait d’éloigner les animaux marins. La respiration se faisait à l’aide de tuyaux qui reliaient la cagoule à la surface. Un autre équipement établit par Léonard de Vinci est tout à fait innovant : une paire de palmes inspirées des pattes de grenouille, elles étaient destinées aux mains du plongeur et non à ses pieds. Dans ce codex, Léonard de Vinci fournit quelques explication sur la fabrication et l’emploi du scaphandre. La Renaissance a également suscité une évolution sur les cloches de plongée d’après les recherches de plusieurs scientifiques : Sturmius, Franz Kessler, Edmund Halley…Le XVII ème siècle a été marqué par William Phipps et ses chasses au trésor.
Le XVIII ème siècle est marqué par la progression du « scaphandre individuel » ; deux appareils vont être conçus : ce sont les ancêtres authentiques du scaphandre moderne. Le terme de scaphandre sera inventé en 1775 par l‘abbé de La Chapelle. Il a également inventé la brassière de sauvetage (un gilet de toile doublé de liège avec deux échancrures pour les bras). Pour en revenir aux scaphandres, en 1772, Fréminet inventa le premier appareil qui en possède les fonctions. Il est composé d’un habit de cuir souple et étanche, un casque rond en cuivre percé de deux orifices (raccordés à des tuyaux) muni d’un hublot, une collerette autour du cou pour faire la jonction entre le casque et l’habit, une pompe foulante placée en surface, un jeu de soupapes sur le casque pour régler l’admission et l’évacuation du gaz. Cette spectaculaire invention fit de Fréminet un pionnier car elle a permis aux plongeurs de respirer sous l’eau par leurs propres moyens. En 1797, c’est autour de l’Allemand Klingert de réaliser et d’essayer son scaphandre. Il prend en compte un élément important : la plongée était destinée non au plaisir mais à effectuer des travaux manuels. Il souhaite résoudre le problème d’instabilité du plongeur en incorporant une chambre relais de grandes dimensions qui servirait de réserve respiratoire ; celle ci permettrait de ne pas dépendre de la fourniture en air en surface et, de descendre et remonter à sa guise.

Au XIX ème siècle, l’homme va réellement apprendre à respirer, se mouvoir et travailler sous l’eau. Ce siècle est marqué, principalement, par trois grands noms : Auguste Siebe, Benoît Rouquayrol et Auguste Denayrouze. Auguste Siebe met au point un casque en cuivre martelé muni d’un hublot qui s’appuyait sur les épaules du plongeur. Ce casque était alimenté par une pompe à bras. Cabirol repris son idée et le commercialisa. Quant à Benoît Rouquayrol et Auguste Denayrouze, ils équipèrent le scaphandre de Siebe d’un régulateur de pression. Cet appareil comportait un réservoir métallique renfermant de l’air comprimé et deux tuyaux dont l’un servait pour l’aspiration et l’autre, l’expiration.

Le XIX ème est également marqué par l’évolution de la navigation sous-marine avec les scientifiques : Montgéry, Villeroi, Payerne…
De 1914 à 1940, c’est la période du règne du scaphandre à casque. Au XXème siècle l’ivresse des plongeurs est expliquée par l’américain Thompson : les troubles proviennent de l’azote contenu dans le gaz respiratoire. Il reste l’hélium : les scaphandriers confirment un changement relatif (l’ivresse disparaît et la ventilation des poumons est meilleure). Durant cette période scaphandres articulés sont diffusés. C’est en 1926 que le scaphandre autonome fait son apparition avec Yves Le Prieur. En reprenant ses travaux l’ingénieur Gagnan et le commandant Cousteau révolutionna le scaphandre autonome à l’aide d’un détendeur. C’est à partir de cette date que le commandant Cousteau entreprit en 1952 la première fouille archéologique à Marseille. Qu’en est-il dès lors des techniques archéologiques aujourd’hui ?
L’archéologie sous-marine reste aujourd’hui une science nouvelle qui ne cesse d’être développée. Tout au long de l’histoire, l’archéologie sous-marine s’est développée en fonction des évolutions scientifiques (mathématique, physique, chimie, biologie) : par exemple le scaphandre a évolué à l’aide de l’apparition d’une nouvelle matière, le caoutchouc.
L’objet d’étude principal de l’archéologie sous-marine concerne essentiellement les épaves : il faut les localiser avec précision, les fouiller, restituer les informations, connaître la provenance des objets, la date, la date de construction du bateau; le dernier élément fondamental de cette discipline est celui de conserver les objets et l’épave elle-même. Pour réaliser ces différentes étapes, plusieurs techniques ont été mises en place. En effet, pour rechercher et découvrir une épave il faut un système de navigation et de prospection constitué d’un magnétomètre, d’un système de navigation et d’un sondeur. A l’aide de ce système nous pouvons repérer une anomalie du champ magnétique terrestre. Le deuxième moyen de localiser une épave est le robot lagune capable de se déplacer, de naviguer, d’explorer, d’observer, d’enregistrer des informations à l’aide d’images vidéos et de saisir les objets.
La technique suivante se sert d’engins de plongée tels que le sous-marin rémora, la soucoupe Cyana et le nautile. Le sous-marin rémora est un sous-marin monoplace qui a été mis en place par la Comex. Équipé d’instruments de navigation et de l’éclairage, ce sous-marin peut atteindre de grandes profondeurs. En ce qui concerne la soucoupe Cyana, c’est une sphère d’acier qui peut abriter jusqu’à trois personnes. Elle possède un matériau de flottabilité qui la maintient à un poids nul dans l’eau. Même si nous pouvons comparer la soucoupe Cyana aux bathyscaphes, elle est plus légère et capable d’atteindre des profondeurs de trois mille mètres. Sa spécificité est de ne pas utiliser de l’essence mais de la mousse syntactique (un mélange de microbilles de verre et de résine). Son faible poids est un avantage : nous pouvons la transporter à bord d’un navire. Le succès de cet engin, initialement conçu par Cousteau, est marqué également par sa maniabilité. Le troisième engin de plongée est le nautile capable de descendre à six mille mètres de profondeur avec un poids relativement faible de 185 tonnes.

Pour localiser une épave nous pouvons également avoir recourt à la plongée en saturation, ce qui est relativement rare car elle est très coûteuse.
Après avoir découvert et localiser une épave, nous procédons à la fouille ainsi qu’à la restitution. La fouille se réalise principalement à l’aide de l’archéonaute : c’est un navire de recherche d’archéologie sous-marine. Celui-ci est constitué d’un poste de contrôle d’opération, de deux embarcations pneumatiques, d’un système de communication sous-marine sans fil, d’équipements photos et vidéos, de détecteurs de métaux et d’une grue hydraulique.
Concernant la fouille, elle se déroule en plusieurs étapes. Il faut tout d’abord nettoyer le terrain à l’aide de divers instruments telle que la lance à eau qui permet de fractionner le sédiment. La deuxième étape consiste à calculer et enregistrer les donner de référence en plaçant un carroyage orthogonal. Le carroyage consiste à réaliser un plan de positionnement des éléments découverts. Grâce cette technique, chaque objet peut être positionnés par cote. Il existe deux méthode de carroyage : un système de carroyage mobile et le GPS sous-marin (une méthode plus précise). Ensuite, nous pouvons procéder à l’exploration de l’épave en utilisant la suceuse à air et celle à eau. Également appelée « aspirateur à sédiment », cet outil indispensable comporte deux méthodes : l’effet d’expansion de l’air injecté sous pression et l’injection d’eau sous pression dans une tuyère. Cette technique permet de déplacer et de dégager les objets sans difficulté mais surtout sans les altérer. La dernière étape est le relevé : il faut numéroter les objets, les étiqueter et les photographier. Les objets retrouvés sont donc relevés en plan à l’aide d’un cadre gradué. Afin de répertorier les objets découverts, les archéologues disposent de nombreux accessoires. Les fouilleurs emportent des filets de nylon ou des pochettes de plastiques de tailles diverses. Chacune portent des étiquettes indiquant le code d’identification de la fouille. Différentes données sont attribuées aux objets : la position de l’objet, le signe d’identification du fouilleur qui a découvert l’objet, l’azimut de l’objet et l’inclinaison de l’objet.
Après avoir localiser l’épave, fouiller et restituer, nous passons à l’étape suivante : connaître, c’est-à-dire pouvoir dater et identifier. La première méthode de datation est la physique nucléaire : elle consiste à prélever des pigments charbonneux qui permettent de dater des quantités de matières organiques. Cette méthode s’applique aux organismes vivants ou aux matières provenant d’être vivants tels que le charbon de bois. La méthode suivante est le dendrochronologie qui consiste à dater les sites archéologiques qui contiennent du bois. Cette technique se sert des cernes de croissance du bois pour la datation des épaves sous-marine. La dernière méthode, la radiographie, donne des informations sur les métaux corrodés. La radiographie permet d’étudier la structure interne de l’objet, de noter la présence de différents matériaux, de localiser la surface originelle et de connotation état d’altération.
La dernière étape à suivre lors d’une fouille en archéologie sous-marine est la conservation des objets retrouvés. Elle est réalisée à l’aide de deux moyens : l’électrolyse et la lyophilisation. L’électrolyse permet de nettoyer les surfaces de certains métaux mous (le plomb, l’argent) mais aussi, des surfaces métalliques. En plus de nettoyer, l’électrolyse permet de décontaminer grâce à son action sur les chlorures présent en grande quantité sur les métaux archéologiques. Concernant la lyophilisation, cette technique consiste à sécher en passant à basse pression l’eau solide en vapeur après congélation. Elle permet de sécher les bois et les cuirs archéologiques.
L’ensemble de ces phases et techniques sont nécessaires à l’archéologie sous-marine : prenons un exemple de fouille archéologique ou ces techniques ont été appliquées pour localiser l’épave, la fouiller, restituer les éléments, dater les objets et l’épave elle-même et conserver les objets qui sont actuellement exposés au grand public dans des musées.
Selon certains archéologues, Mahdia serait un véritable Musée sous la mer. Mahdia est une ville tunisienne située sur une presqu’île à 230 km au sud de Tunis, dans le bassin méditerranéen. Ce site a été découvert en 1907 à 39 m de profondeur, dès lors cinq expéditions ont eu lieu. La première a été réalisée par une équipe de pêcheurs d’éponges équipées d’un scaphandre. Ils respiraient grâce au narghilé installé sur le sacolève manoeuvré par deux matelots. Lors de cette première expédition, on a découvert un bronze (un agon) en plusieurs morceaux ainsi qu’un hermès dionysiaque en très bon état, un buste d’Aphrodite, des débris de céramique, des statuettes, des candélabres, des cratères, des fragments de meubles luxueux, des chapiteaux…
La deuxième expédition a eu lieu en 1948. Le capitaine Philippe Tailliez et Jacques Yves Cousteau accompagnés du Groupe d’Études et de Recherches sous-marines de Toulon décidèrent d’organiser une expédition pour retrouver l’emplacement exact de l’épave à l’aide de nouveaux matériels tels que les scaphandres autonomes. Une fois l’épave retrouvée et onze heures de plongée pour les sept plongeurs, quatre colonnes et deux encres de sept cent kilos chacune ont été remontées.
En 1952 et 1953, le club d’études sous-marines de Tunis revint sur l’épave et y découvrit deux marbres, des fragments de meubles et des chapiteaux. Ils ont également mis la main sur les panneaux de la coque du bateau.
Lors de ces diverses fouilles, nous avons récupéré une cargaison d’environ deux cent trente tonnes de colonnes, chapiteaux et autres. La totalité du chargement du navire a été retrouvée. La restitution du navire nous a donné les dimensions de celui-ci : 40,6 m de longueur, 13,8 m de largeur. Dès lors, nous pouvons donc imaginer la raison qui a coulé ce navire. Au large de Mahdia, la houle est souvent très forte et, sans doute au cours d’une tempête le bateau excessivement chargé dériva, embarqua de l’eau et s’enfonça. En ce qui concerne la date approximative de l’épave, elle nous est donnée grâce à la découverte d’une petite lampe en terre cuite ayant conservée encore sa mèche carbonisée. Cet objet est un modèle de la fin du IIème siècle avant J.-C et était encore en service au début du siècle suivant. Les deux encres retrouvées ont été comparées à d’autres et ont été datées du Ier siècle avant J.-C. La datation a également pu être possible grâce à l’étude de la céramique. D‘après ces différents moyens énumérés, la date serait approximativement le deuxième quart du Ier siècle avant J.-C.
D’autre part, l’étude de la cargaison pourrait également nous donner des informations sur la provenance et la destination de ce navire. L’une des indications concerne le génie ailé en bronze associé à l’hermès, il s’avère que des similitudes vis-à-vis de l’attitude ont été faites avec un bas relief du musée de Berlin. En plus, l’hermès de Dionysos est signé de la main de Boethos de Chalcédon (IIIème siècle avant J.-C). Tous deux sont lestés de plomb jusque 20 cm de hauteur ce qui prouve que ces statues ont été enlevé brutalement de leur lieu d’origine. La deuxième indication de provenance et de destination correspond à l’étude des colonnes et chapiteaux de style ionique en marbre d’Hymette et du pentélique sortant d’un atelier grec. De plus, une stèle et une colonnette en marbre portent une inscription indiquant qu’elles étaient érigées au Pirée et dans une chapelle dédiée à Paralos (héros athénien). Un bas relief représentant Asclépios (dieu de la médecine), pourrait également provenir du Pirée. La dernière indication concerne deux corniches en bronze en forme de proue de navire avec des bustes de Dionysos et d’Ariane. Ils pourraient appartenir à un temple de l’arsenal du Pirée. En conclusion, il s’agirait d’un transport de matériel provenant de pillage ou tout simplement d’une opération commerciale en provenance du Pirée vers 80-90 avant J.-C. Ces deux propositions sont envisagées car, dans le premier cas, il correspondrait au pillage d’Athènes par les troupes romaines de Sulla. En en effet, en 86 avant J.-C, ce port aurait subi une véritable dévastation par ces troupes romaines. L’épave de Mahdia a peut être transporté le butin de Sulla. D’après certains experts, Sulla était un amateur d’art et des divertissements ce qui expliquerait le choix des statuettes de grotesques et celles des nains dansant.
La deuxième proposition est envisageable puisqu’au Ier siècle avant J.-C, la commercialisation des œuvres d’art et son transport vers l’Italie étaient devenus courant. Apparemment Cicéron (106-23 avant J.-C)aurait demandé à Atticus de lui envoyer des bronzes grecs, des hermès en marbre pentélique, des colonnes pour la tombe de sa fille. La liste dressée par Cicéron des razzias de Caius Verrès (vers 149-43 J.-C) correspondrait aux œuvres d’art retrouvées durant les différentes expéditions de Mahdia.